Le gave appelé le Bélonce s’observe le long d’une promenade dont le point de départ  se situe  sur la commune de Borce (64490). Il est abondamment alimenté  par le lac d’Arlet situé à 2000 mètres d’altitude. Le Gave s’insinue dans le paysage en chutant plusieurs fois pour se retrouver dans le creux  du bois de Bélonce d’où il tire son nom. Je connais bien la vallée d’Aspe pour l’avoir parcourue maintes fois depuis 1991 et j’ai découvert cette balade en 1997. Depuis lors, j’ai abandonné toute idée d’un autre chemin que celui-ci pour me ressourcer dans la nature.

    C’est au mois de mai de l’année dernière que j’ai commencé à photographier le Bélonce et devant les résultats inattendus que j’ai obtenu, j’y suis retourné au mois de novembre puis en février. Cela m’a fait réfléchir sur le « pourquoi » je le photographie ? Ce qui m’attire ?
 
    En regardant mes premières photographies j’ai été surpris par la qualité et la diversité des couleurs si éclatantes dues à la pureté de l’eau et à l’action de la lumière. Car c’est bien avec l’aide directe du soleil que surgissent ces reflets, cette transparence. Je peux  arrêter le cours du temps qui passe si précisément que l’eau se métamorphose, se disloque pour apparaître de façons si étranges qu’à l’œil nu il nous est impossible de voir. En fait je photographie pour voir ce à quoi ça  ressemble une fois le geste accompli. Je passe mon temps à contempler cette eau filer tout en m’intéressant aux couleurs des cailloux dans son lit.

 

    Parfois c’est l’agencement des couleurs qui attire mon regard parfois une petite excavation disloquant l’eau et la répandant en écume et autres gouttelettes à la surface de l’onde. De ce passage du désordre apparent de l’eau au découpage du gave en objet photographique jaillit des images harmonieuses autant par la forme que .par la couleur et la matière pour le contempler d’une nouvelle façon.